La perception de l'espace


Dessin ; Adamante©


Nous parlons d’espace sans pour autant en avoir une perception physique. Nous savons qu’il nous entoure, qu’il nous porte, nous nourrit de l’air que l’on respire, mais dans les faits, les sensations, cela est plus du domaine de l’abstraction, de l’idée, que de celui de la réalité concrète.

Nous savons d’expérience, par le souvenir du vent et de sa force par exemple, que cet espace est « habité ». Mais là encore, en nommant le vent, nous l’intégrons comme une entité présente dans l’espace et naturellement nous opérons une distinction entre lui, nous et l’espace. Ainsi nous coupons tous liens avec ce qui nous entoure.

Mais que l’on y prête moindrement attention, alors nos perceptions s’affinent.

Doucement nous commençons à prendre conscience de ce que nous considérons comme « vide » car invisible, nous commençons à concevoir que cette transparence est une matière parcourue de courants chauds et froids par exemple, sans qu’il soit besoin de vent pour nous aider. Nous vivons l’espace d’une manière plus éveillée, nous l’accueillons et en l’accueillant nous entrons dans notre véritable dimension.

En investissant notre esprit dans le moindre mouvement afin de toucher cet espace, nous découvrons que l’espace est une extension de nous-même et que cette conscience induit un sentiment de plénitude, nous expérimentons l’harmonie.

Toucher l’espace, s’y mouvoir en conscience, comme dans des disciplines telles que le Qi Gong ou l’Art Dramatique, c’est nécessairement ralentir le geste, pénétrer l’univers vibratoire, s’ouvrir pour affiner nos perceptions, s’imprégner, expérimenter, être à l’écoute, ouvrir l’oreille du cœur.

Toucher l’espace c’est mêler notre souffle à celui de l’Univers, c’est en quelque sorte réfléchir, respirer, par le biais de la moindre de nos cellules. Que la peau soit nue ou couverte, nous pouvons entrer en contact avec l’espace et nous y dilater à l’infini jusqu’à toucher l’infini de nos espaces intérieurs.

L’espace est univers de cohésion, une expérience individuelle d’appartenance au Tout, l’abandon de l’idée du grand pour celle du petit, la perception du point ultime de dilution de soi pour pénétrer l’immensité de l’abandon où l’Être enfin rayonne.

L’espace est une grande matrice énergétique dont nous sommes une infime partie. Il est en quelque sorte le placenta qui nourrit la vie de l’embryon que nous sommes jusqu’à sa possible réalisation.



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